Partager l'article ! Les bonnes idés de J-B. A. Godin, fondateur du familistère de Guise: Le familistère Godin à Guise (Aisne) Jean-Bapti ...
Le
familistère Godin à Guise (Aisne)
Jean-Baptiste André Godin était très soucieux de l'hygiène, de la sécurité, du confort et des
relations sociales entre les familistériens. C'est pourquoi il mit en application toutes les idées présentées ci-dessous.
Depuis l'abandon de la gestion collective du familistère, certains aménagements ont été abandonnés,
provoquant une dégradation des bâtiments. L'actuelle réhabilitation dans le cadre du projet Utopia permet de retrouver en partie l'état d'origine de la structure.
Améliorer les conditions de vie :
Contrairement à la majorité des maisons ouvrières, les appartements du Familistère sont dotés de grandes fenêtres et d’une importante hauteur de plafond afin de faciliter la circulation de l’air et de laisser entrer davantage de lumière. Chaque appartement contenait un poêle et une cuisinière Godin.
Les appartements sont modulables en fonction du nombre d’occupants : possibilité d’abattre une cloison pour gagner une pièce si la famille s’agrandit.
Le surplus de gaz nécessaire à l’usine pouvait être acheminé vers chaque appartement pour alimenter une lampe fixée au mur, mais les occupants ne s’en servaient pas, ils en avaient peur.
Plus les familistériens étaient jeunes et plus ils vivaient dans les étages et les foyers descendaient d’un étage tous les 10 ans.
Godin avait proposé d’installer le chauffage par le sol, mais les familistériens ont refusé en raison de la durée des travaux (3 ans).
Les verrières pouvaient s’ouvrir et se fermer : cela rafraîchissait en été et réchauffait l’air en hiver, et cela permettait de faire circuler l’air pour éviter les problèmes d’humidité. Le choix des peintures va également dans ce sens : la base des murs est recouverte de peinture à base de goudron.
Godin l’hygiéniste :
Godin ne voulait plus que du linge humide sèche dans les appartements, il fit donc construire au bord de l’Oise un bâtiment faisant office de lavoir-séchoir avec des batteuses. L’eau pompée grâce à une machine à vapeur Watt était acheminée vers l’usine pour refroidir les machines, puis redescendait vers le lavoir pour l’approvisionner en eau chaude. Les familistériens faisaient la lessive le jeudi, les enfants pouvant aider.
Après diverses expériences pour que les ouvriers puissent se laver avec de l’eau chaude après leur journée de travail, Godin installa des douches individuelles dans le lavoir.
Des sanitaires sont installés au rez-de-chaussée des habitations.
Afin de réduire les ordures ménagères, une porcherie avec au moins 7 cochons était présente derrière les économats. Godin ne voulait pas d’animaux de basse-cour à proximité des habitations.
Les charpentes ont été construites en châtaignier qui repousse les insectes ; il n’y a pas de toiles d’araignée au Familistère.
Pour les enfants :
Il fonda une école privée mais obligatoire jusqu’à 14 ans pour les enfants des familistériens, gratuite et laïque. Le programme et le « catéchisme » ont été rédigés par Godin lui-même (ex : il intégra des cours de botanique en raison de la présence de plantes tropicales dans le jardin). Sa deuxième épouse Marie Moret s’en occupa particulièrement et inventa une méthode pour l’apprentissage du calcul.
Pour réduire le nombre d’enfants morts noyés (il se sentait responsable car le Familistère est situé à côté de l’Oise), il conçut une piscine dans le lavoir et intégra des cours de natation obligatoire dans les programmes. La piscine était dotée d’un fond amovible et réglable à 1,80 m ; 1,20 m et 80 cm pour ne pas effrayer les apprentis nageurs.
Dans les bâtiments d’habitation, l’espacement entre les barreaux de la balustrade tient compte de la taille de la tête d’un enfant de 3 ans, pour éviter qu’il ne se coince entre 2 barreaux.
Les portes donnant accès aux bâtiments sont toujours ouvertes et sont des portes pivotantes pour qu’aucun enfant ne se trouve coincé dehors.
Il installa des dépôts de pain et de viande au rez-de-chaussée des habitations pour ne plus que les enfants aient besoin de sortir en hiver et diminuer ainsi le nombre de maladies infantiles.
Dans les sanitaires sont installés des toilettes à la hauteur des enfants, pour qu’ils apprennent à se débrouiller eux-mêmes.
JBA Godin voulait que les bébés retrouvent une liberté de mouvement et ne soient plus emmaillotés, il conseilla donc aux mères de faire une « litière » en son dans le fond des berceaux qui absorbe les déjections.
Le jardin
Godin avait instauré une pause de 15 min toutes les 3 heures de travail. Cela n’était pourtant pas suffisant pour permettre aux familistériens de rentrer chez eux. Il conçut donc un jardin au bord de l’Oise et à côté de l’usine (zone tampon entre les deux), sur le modèle des jardins urbains qu’il avait pu observer dans les grandes villes européennes. Un système de pompe contribuait à assécher le terrain. En contrebas, il laissa un terrain vague au bord de l’Oise afin que l’eau y déverse son trop-plein en cas de crue.
Godin fit venir des plantes tropicales et après diverses tentatives, il fit construire une serre pour y cultiver ces plantes et faire ainsi voyager les ouvriers.
Une construction en bois rappelle l’habitat primitif de l’homme et fait face au donjon du château des ducs de Guise (= habitat médiéval) et au Familistère (= habitat collectif contemporain).
Son mausolée se trouve au fond du jardin.
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